dimanche 22 mars 2015

Déterminés à braver une guerre civile pour apporter l'eau potable.

Déterminés à braver une guerre civile pour apporter l’eau potable

 

Près de 14 000 habitants de villages isolés des montagnes d’Équatoria-Oriental, au Soudan du Sud, vont avoir accès à une eau propre grâce à une subvention mondiale de la Fondation Rotary de 47 000 dollars parrainée par les Rotary clubs américain de Wasau et sud-soudanais de Juba.
Photo : Avec l'aimable autorisation du Sudan Community Development Fund
 
 
Malgré un terrain impraticable et la résurgence d'une guerre civile violente, des Rotary clubs du Soudan du Sud et des États-Unis sont déterminés à l'une des régions les plus reculées de ce pays d'Afrique de l'Est. C'est ainsi que les Rotary clubs de Wausau, dans le Wisconsin, et de Juba, au Soudan du Sud, se sont attachés à trouver une source durable d'eau pour dix villages des montagnes rurales d'Équatoria-Oriental. Les deux clubs ont obtenu une de 47 000 dollars du Rotary qui va leur permettre de creuser un puits, mais aussi d'installer des pompes solaires, une citerne de 19 000 litres et 6 à 10 robinets. Ce projet permettra d'approvisionner environ 14 000 personnes.
Si les régions intérieures du Soudan du Sud bénéficient d'une paix toute relative – les violences se concentrent aux frontières – elles sont en butte à de graves problèmes économiques et à des infrastructures en ruines. L'absence de soutien du gouvernement dans les régions reculées favorise également les maladies hydriques et la famine.
« La guerre civile a mis un coup d'arrêt à l'économie », assène John Kelly, membre du club américain qui s'est souvent rendu dans le pays avec Willamette International, une organisation qui cherche à améliorer les soins et l'éducation dans ces communautés rurales. « Elle affecte tout le monde, même ceux qui ne sont pas directement impliqués dans les violences. »
L'action rencontre cependant des obstacles, au sens propre comme figuré. Une seule route relie les villages du versant nord-est des au monde moderne, et il faut trois jours de marche au villageois pour l'atteindre. Durant la saison des pluies, de mai à octobre, il est presqu'impossible d'acheminer des matériaux de construction et de l'aide dans les montagnes. Autant d'éléments qui aggravent la crise humanitaire.
La subvention ayant été approuvée durant la saison des pluies, les membres du Rotary ont dû attendre que les conditions s'améliorent avant de pouvoir transporter l'équipement. De plus, les combats gênent l'accès à ces populations isolées, les rebelles en bloquant l'accès. Les membres du club de Juda travaillent donc avec les conseils tribaux pour qu'ils usent de leur influence sur le gouvernement et les chefs rebelles afin de permettre l'accès au site.
« Il est vital pour ces populations locales que cette action d'approvisionnement en eau réussisse », affirme Mathach Deng, un membre du Rotary club de Juba, qui ajoute : « Éduquer les chefs coutumiers est essentiel. »
La menace omniprésente de violences a aussi fait reculer le principal entrepreneur du projet, retardant encore le lancement du chantier. « À cause de la guerre, le nombre d'entrepreneurs est fortement réduit. Nous travaillons donc avec le gouvernement et des ONG pour en trouver un autre. Ce n'est pas facile de les convaincre de se rendre dans cette région, mais nous n'abandonnerons pas », ajoute Mathach Deng.
Malgré les obstacles, les membres du Rotary ne reculeront pas. Pour John Kelly : « Nous [le Rotary] mettons notre crédibilité en jeu. Ces communautés ont placé leur confiance en nous et il est important de rester patient face à ce type de situations. Nous nouons des relations et des contacts, et nous travaillons avec d'autres ONG pour obtenir des informations nous permettant de mieux naviguer en ces eaux troubles. »
Après avoir proclamé son indépendance en 2011, le Soudan du Sud est entré en guerre civile en décembre 2013. Les deux principales tribus du plus jeune pays au monde – les Dinka et les Nuer – s'affrontent pour les terres et les ressources. Il s'agit d'un conflit qui trouve ses racines au 19e siècle et qui a d'ores et déjà fait des dizaines de milliers de victimes et déplacé 1,8 million de personnes. Un quatrième accord de paix a été signé le 2 février après le non-respect des trois premiers.





Actualités du Rotary
20-Mar-2015
 
 

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